Guide des démarches en ligne



Outrage à agent

Vous êtes par exemple policier, chauffeur de bus, infirmier, enseignant et vous avez subi des paroles ou des gestes qui portent atteinte à votre dignité ou au respect dû à vos fonctions ? Il peut s'agir d'un outrage à agent. Si vous êtes victime d'un tel délit, vous pouvez déposer plainte. Si l'outrage à agent a eu lieu sur internet, vous pouvez effectuer un signalement même si vous en êtes uniquement témoin. Nous vous présentons les informations à connaître.

L'outrage à agent est un acte malveillant (paroles, gestes, envoi d'un objet, etc.) en lien avec la mission d'un agent public et qui porte atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction qu'il exerce.

L'outrage à agent se manifeste de différentes façons :

  • Paroles insultantes, humiliantes, méprisantes, etc.

  • Actions du corps, mimiques ou attitude qui expriment clairement le mépris ou la colère de l'auteur des faits pour la personne à laquelle il s'adresse (par exemple, le fait de suivre un agent de la SNCF pendant plusieurs heures)

  • Menaces verbales

  • Images ou écrits non rendus publics (par exemple, envoi par lettre, par SMS ou par mail, d’images ou d’écrits insultants, menaçants, déshonorants)

  • Envoi d'objets quelconques (par exemple, de la nourriture projetée sur le maire d'une commune).

Pour que l'outrage à agent soit retenu, il est nécessaire que les 3 conditions suivantes soient remplies :

  • L'auteur des faits doit avoir connaissance que vous êtes un agent dépositaire de l'autorité publique ou chargé d'une mission de service public

  • L'auteur des faits doit s'adresser directement à vous ou faire en sorte que ses propos vous soient rapportés

  • L'auteur des faits doit avoir conscience que l'acte qu'il commet porte atteinte à votre dignité de ou au respect dû à votre fonction.

Exemple

Un individu est contrôlé par des policiers dans la rue. Pendant que l’un des agents vérifie ses papiers, l’individu se tourne vers l’autre policier et lui dit « Tu diras à ton collègue que c’est un incompétent total et qu’il abuse de son uniforme. » L’outrage à agent peut être retenu, car l’individu sait que la personne qu’il outrage est un policier et que, même si les propos ne lui sont pas directement adressés, ils lui seront rapportés. Enfin, en tenant de tels propos, l’individu sait qu’il porte atteinte à la dignité de cet agent.

Attention

Il ne faut pas confondre l'outrage à agent avec d'autres infractions telles que les violences physiques, la diffamation ou l'injure. Les violences physiques sont retenues si un coup vous a été porté. L'injure et la diffamation ne nécessitent pas que les propos vous soient directement adressés.

Cette infraction est constituée dès lors que l'outrage est commis à l'encontre d'un agent dépositaire de l'autorité publique ou d'un agent chargé d'une mission de service public.

Agent dépositaire de l'autorité publique

Agent dépositaire de l'autorité publique

Un agent dépositaire de l'autorité publique est une personne qui détient un pouvoir de sanction et de contrainte et qui peut les utiliser au cours de l'exercice des fonctions qui lui sont confiées par l'État.

Plusieurs corps d'agent public sont considérés comme dépositaires de l'autorité publique, notamment :


Agent chargé d'une mission de service public

Agent chargé d'une mission de service public

Un agent chargé d'une mission de service public est une personne qui accomplit, volontairement ou sur demande des autorités publiques, un service d'intérêt général.

Parmi les agents chargés d'une mission de service public, on compte notamment les personnes suivantes :


L'outrage à agent peut être commis dans les lieux du quotidien (exemple : dans la rue, dans un commissariat, dans un train, etc.) ou sur internet.

Si vous êtes victime ou témoin d’un outrage à agent et que les faits ont été commis sur internet, vous pouvez faire un signalement aux forces de l’ordre depuis PHAROS :

Service en ligne / Formulaires : Signaler un contenu internet illégal (internet-signalement : Pharos) - Cliquez-ici

Rappel

Concernant les images ou écrits outrageants, l’infraction d’outrage à agent peut uniquement être retenue s’ils n’ont pas été rendus publics (exemple : un écrit envoyé sur la messagerie privée d’un réseau social, une vidéo transmise sur votre adresse mail).

Si les équipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autorités compétentes (exemple : services d'enquête de la police nationale ou de la gendarmerie nationale). Une enquête peut être menée sous l'autorité du procureur de la République.

Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme concerné et lui demander de supprimer le contenu outrageant.

À noter

Aucun mécanisme de signalement n'est prévu lorsque l'outrage à agent est commis dans les lieux du quotidien. Si vous souhaitez dénoncer ces faits, vous devez déposer plainte.

Si vous vous estimez victime d'un outrage à agent, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur des faits (ou contre X, si vous ne connaissez pas son identité).

Vous pouvez également vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.

Votre plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits.

Pour déposer plainte, vous pouvez vous déplacer au commissariat ou à la gendarmerie de votre choix. Vous avez également la possibilité d'écrire au procureur de la République.

Sur place

Sur place

Pour déposer plainte, vous devez vous rendre dans le commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie de votre choix.

Les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction.

Lors du dépôt de plainte, vous êtes reçu et entendu par un policier ou un gendarme. À la fin de cet entretien, vous recevez un récépissé et une copie de votre plainte si vous la demandez.

Le dépôt de plainte mène à une enquête de police qui peut aboutir à la condamnation de l'auteur de l'outrage.


Par courrier postal

Par courrier postal

Vous pouvez porter plainte auprès du procureur de la République.

Pour cela, vous devez envoyer un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Votre courrier doit préciser les éléments suivants :

Vous pouvez utiliser le modèle de courrier suivant :

Vous pouvez envoyer votre plainte par lettre recommandée avec accusé de réception, par lettre simple ou par lettre suivie.

Un récépissé vous est remis dès que les services du procureur de la République ont enregistré votre plainte.

Le dépôt de plainte mène à une enquête qui peut aboutir à la condamnation de l'auteur de l'outrage.

Si vous vous constituez partie civile, vous pouvez obtenir des dommages et intérêts.


À noter

L'outrage à agent étant un délit, vous pouvez également déposer une citation directe au greffe de l'audiencement pénal.

En tant qu'agent public (fonctionnaire ou contractuel), victime d'une infraction telle que l'outrage, vous bénéficiez d'une protection fonctionnelle.

Ainsi, l'administration employeuse règle les frais liés à votre affaire (exemple : honoraires d'avocat). Elle peut aussi vous verser directement une somme d'argent pour réparer le préjudice que vous (ou vos proches) avez subi.

Dans ce cas, elle a le droit de mener une action en justice contre l'auteur des faits pour récupérer cette somme. Pour cela, il faut que vous (ou le ministère public) ayez déjà engagé des poursuites contre cet individu (par exemple, en déposant plainte).

À la suite de votre dépôt de plainte, l'auteur d'un outrage à agent peut être poursuivi puis condamné à des sanctions pénales par le tribunal correctionnel.

Cette infraction est punie différemment selon le statut de l'agent public :

Agent dépositaire de l'autorité publique

Agent dépositaire de l'autorité publique

Cas général

Cas général

L'outrage commis envers un agent dépositaire de l'autorité publique est puni d'une peine de :


Outrage à agent employé dans une juridiction

Outrage à agent employé dans une juridiction

L'outrage à magistrat ou à toute autre personne travaillant au sein d'une juridiction (exemple : greffier) est puni d'une peine d'1 an de prison et de 15 000 € d'amende.

Lorsque l'outrage est commis durant une audience, ces peines s'élèvent à 2 ans de prison et 30 000 € d'amende.


Outrage envers un pompier

Outrage envers un pompier

L'outrage commis à l'encontre d'un sapeur-pompier ou d'un marin-pompier est puni d'une peine de :



Agent chargé d'une mission de service public

Agent chargé d'une mission de service public

Cas général

Cas général

L'outrage commis à l'encontre d'un agent chargé d'une mission de service public est puni :


Outrage à l'encontre d'un agent de transport public de personnes

Outrage à l'encontre d'un agent de transport public de personnes

L'outrage commis envers l’agent d'un exploitant de réseau de transport public de personnes est puni :


Outrage dans un établissement scolaire

Outrage dans un établissement scolaire

L'outrage à agent commis à l'intérieur ou aux abords d'un établissement scolaire est puni d'une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d'amende.


Outrage dans un établissement de santé

Outrage dans un établissement de santé

Lorsque l’outrage est commis à l’intérieur d’un établissement de santé (hôpital, pharmacie, service médico-social, cabinet de médecin, etc.), l’auteur encourt une peine de 6 mois de prison et de 7 500 € d'amende.



Où s'informer ?


Maison de justice et du droit

Pour obtenir des informations complémentaires sur l’outrage à agent

Maison de justice et du droit (Site internet)

Où s'informer ?


Avocat

Pour obtenir une assistance lors d’une procédure pour outrage à agent

Avocat (Site internet)


Textes de référence


Code pénal : article 433-5Définition et sanctions de l'outrage à agent

Code pénal : article 434-24Définition et sanctions de l'outrage à magistrat

Code des transports : article L2242-7Sanctions en cas d'outrage à un agent de transport public de personnes

Règlement (UE) 2022/2065 Du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022Signalement à l'hébergeur d'un site (article 16)